lundi 23 novembre 2009

Blog

Ce matin, je me suis remise à faire des abdos, parce que j'ai grossi. Je sais que ceux qui me connaissent "en vrai" sont en train de soupirer à la limite de l'exaspération, mais c'est vrai. Si encore j'avais pris une taille de bonnet, je m'en serais peut-être accommodée, mais tout ce que j'ai gagné, c'est un joli ventre rond, genre j'en suis à mon troisième mois. Et ça, c'est pas possible. Vous savez, le problème vient moins de la prise de poids, que de ce qu'elle sous-entend. Ce petit bide vient à point pour me rappeler tout ce que je n'ai jamais eu l'intention de devenir.
Je dors mal, parce que je ne me fatigue aucunement. Passer la journée à faire des allers-retours entre la cuisine et le PC, c'est un peu léger, mais comme je n'ai pas de raison particulière d'aller marcher, je ne prends pas l'air et je ne dépense aucune énergie. Or, avoir du mal à s'endormir, ça signifie penser à des tas de trucs glauques ou stressants, ce dont je me passerais bien.
Je mange mal, et si je n'ai aucune sympathie pour mangerbouger.fr, j'aime manger, et manger bien. Arroser d'une bonne dose de beurre tout ce que je cuisine fait partie de mes habitudes, mais ne manger que des trucs tout préparés style pizza ou hachis surgelé, je m'en lasse vite. Ce que j'aime, c'est découvrir des saveurs que je ne connaissais pas, et tester de nouvelles façons d'accommoder un plat que je connais par cœur.
Je bois trop de bière, alors que la bière, au final, c'est même pas ce que je préfère. C'est juste la solution de facilité pour mieux dormir. Et puis, ça descend tout seul dis donc, quand t'as commencé à discuter pendant des heures.
Voilà, mon ventre, il dit tout ça. Alors sur la bouffe, j'exagère un peu, parce que cette semaine c'était fin de placard et qu'on n'a plus un rond, donc c'est un peu normal. Le problème, c'est surtout que je mange beaucoup trop, mais ça, j'ai pas encore compris pourquoi. Puisque je me dépense pas, je devrais pas avoir faim, or, j'ai tout le temps faim. Et quand je me fais un en-cas, c'est pas une pomme, vous pouvez me croire. Ce serait plutôt fromage et saucisson accompagnés de pain.

Bref, j'ai fait des abdos, et j'en ai fait cinquante, comme quoi j'étais pas si rouillée que ça. Et j'ai même pas de courbatures.

Il n'en fallait pas moins pour exsuder les cauchemars qui m'ont maintenue la tête sous l'eau ce matin. Je croisais Cécile, qui m'ignorait, je la prenais dans mes bras, presque en la forçant, et je lui disais "On a été amies!..." Elle hésitait, me laissait partir, pour finalement me courir après, me dire que j'avais raison. Puis je me retrouvais chez Julia. Il y avait Elise, qui semblait vouloir m'éviter, et Julia avait un sale sourire, gêné, hypocrite, mauvais, je ne sais pas.... Et j'essayais de m'intégrer, son père était très bizarre, il me faisait un peu peur, il sirotait un whisky en tenant des propos étranges, avec une agressivité, une folie larvée. Et puis je parlais avec Julia, et je me suis enfuie, enfermée dans la salle de bain à la dernière seconde, genre elle me suivait avec une hache. Et l'eau a commencé à couler, je voulais qu'elle sache que j'allais le faire, que j'allais me noyer, l'eau filtrait sous la porte. Je lui demandais où était sa mère et elle hurlait qu'elle était morte dans un accident de métro. Je crois que j'avais du sang plein les bras. Je crois qu'il y avait cette sensation d'étouffer, de hurler sans être entendu, sans être compris, une fièvre un peu folle, tout près du point de rupture. Nous hurlions toutes les deux, des attaques sans queue ni tête, des choses méchantes, mesquines, avec un plaisir froid et en même temps, un désespoir sans fond.
Au final, c'est un rêve récurrent chez moi. Seules les circonstances et les visages changent. Je passe mon temps à m'éreinter la voix derrière une vitre invisible, dans mes cauchemars.

jeudi 19 novembre 2009

De l'intérêt du nombril

Il y a deux jours, j'ai revu ma copine Marine. Presque quatre mois qu'on ne s'était pas vues (j'ai ma part de responsabilité, mais c'est principalement de sa faute, parfaitement). Elle me raconte donc un peu sa vie, sous forme d'une énumération un peu expéditive. Elle essayait de justifier son manque de temps, et quand elle a commencé à m'expliquer ce qui l'occupait tant, j'ai été prise d'une intuition à propos de ce qu'elle faisait de nouveau, et j'ai eu cette première arrière-pensée, qui peut se résumer à "pfff". Ne voyant pas venir le point fatidique, j'ai soupiré d'aise, finalement, j'avais tord et c'est tant mieux. Et c'est là qu'elle l'a dit. Et j'ai donc eu ce moment de triomphe où l'on se dit à part soi, mais avec satisfaction : "je le savais". Suivi de : "re-pfff".
Mais que fait-elle de si méprisable?? Je sais que vous brûlez de le savoir.
Elle suit une psycho-thérapie.
Oui, je vois vos regards horrifiés, pas parce qu'elle se fait soigner, mais parce que vous vous demandez comment je peux être aussi hautaine. Alors, sachez-le tout de suite, ce n'est pas du mépris que je ressens. A vrai dire, la façon dont les gens gèrent leur vie ne me regarde pas, et tant qu'ils ne cherchent pas à me convertir, je n'ai aucune raison d'en penser quoi que ce soit. Mais j'ai tout de même une vraie réticence à admettre ça, et je m'en vais donc vous expliquer pourquoi.
Je ressens moins cela comme un aveu de faiblesse, que comme l'aveu d'une certaine paresse intellectuelle. J'ai beaucoup de mal à admettre qu'un problème, quel qu'il soit, ne puisse être réglé par soi-même. Je ne dis pas qu'on puisse toujours le faire seul, mais je vois beaucoup d'autres recours que de remettre sa guérison entre les mains d'un médecin. D'une, parce qu'aller voir un spécialiste sous-entend d'après moi qu'on accorde beaucoup trop d'importance à soi-même. Mais, je le conçois, c'est assez réducteur. Je pense que notre société a sur ce point un comportement très paradoxal : d'un côté, on admet la dépression comme chose courante, un véritable symbole de notre société. Aujourd'hui, tout le monde y va de sa dépression, on emploi le mot à tords et à travers, pour dramatiser nos passages à vide. De l'autre côté, on nous dit quand même clairement que ce qui compte, c'est l'efficacité, la rentabilité, l'énergie : si vous êtes gros, c'est mal, parce que ça signifie que vous ne vous pliez pas aux règles, que vous refusez d'admettre qu'en prenant soin de vous, en mangeant light et en pratiquant un sport, vous vous sentirez bien mieux. Nous sommes dans une société hygiéniste dans laquelle les failles ne sont pas admises.
Bon. Pour en revenir à mon point de vue, je trouve que consulter un psy revient à dramatiser à l'excès nos doutes et nos cafards. Et cela revient également à considérer qu'ils sont un mal et qu'il faut s'en débarrasser. Je crois sincèrement qu'avec un peu de recul, on peut remettre les choses en perspective. Je ne dis pas qu'il faut arrêter d'être malheureux parce qu'il y a pire ailleurs. Quelles que soient les difficultés traversées par les autres, ce sont toujours les leurs, comme les nôtres, parce qu'elles nous arrivent à nous, accaparent forcément nos pensées. Et je crois aussi que le doute et les interrogations sont des choses bénéfiques, dont il ne faut pas chercher à se débarrasser à tout prix. Ce qu'il faut, c'est les transformer.

Deux choses me gênent. Pour clarifier, je vais reprendre l'exemple de Marine. Je pense qu'elle consulte un psy parce qu'elle rencontre des problèmes relationnels récurrents, en amour, en amitié et dans ses rapports professionnels, et qu'une grande partie de ces problèmes vient d'un manque de confiance en elle. Déjà, le problème est identifié. Et je crois que Marine, puisqu'il s'agit de sa propre personne, a déjà toutes les clés en main pour le régler. Le psy pourra bien lui donner des conseils, je suis persuadée qu'on aurait tous pu les lui donner. Au final, ce sera toujours à elle d'agir pour que les choses changent. Et je crois que si elle avait levé les yeux de son nombril, le problème aurait commencé à se résorber de lui-même. Parce que manquer de confiance en soi, c'est quelque chose de très commun, j'en souffre aussi. Mais il suffit d'arrêter de penser 24h sur 24 à ce que les gens pensent de vous. Parce que les gens ne passent pas leur temps à interpréter et juger le moindre de vos faits et gestes, parce qu'ils ont autre chose à faire. Quand on s'intéresse deux minutes aux gens qui nous entourent, on s'aperçoit qu'ils nous apprécient, et que ça n'est pas plus compliqué que ça.
Je parlais de paresse, parce que je pense que nous pouvons tous faire cette démarche-là. De se pencher en soi-même et se regarder sans complaisance, mais sans mépris non plus, d'identifier le nœud et d'analyser ses tenants et ses aboutissants.

Et puis, quoi? Imaginons que ce soit bien autre chose : une difficulté à s'adapter, un malaise à vivre tel que prescrit par les gens... Faut-il vraiment considérer ces choses comme un problème? Je sais bien qu'un psy essaiera de mettre le doigt sur ce qui coince, et essaiera de vous amener à trouver ce que vous aimeriez être ou faire à la place. Mais... Je crois que le résultat, ce sera une personne pleine de fissures rafistolées au gros scotch. Je crois que le psy est là pour vous faire admettre que vous devez vous adapter, rentrer dans le rang. Il veut que vous compreniez que la clé, c'est ça : l'adaptation. Si vous êtes très malheureux, il dira que vous êtes dépressif, et vous filera des médocs. Pour vous rendre normal. Mais vous n'êtes PAS normal! Vous avez votre propre vision, et ce qu'il faut, c'est vous encourager à vous en servir pour progresser, pour, comme disait Sire C, devenir ce que vous êtes!

Évidemment, vous dites-vous, je ne me permets de dire ça que parce qu'en l'occurrence, moi, je ne suis pas malade.
C'est vrai. Mais je suis sincèrement persuadée d'avoir traversé une ou deux périodes, dont ma première année de fac, durant lesquelles j'avais tous les symptômes d'une personne dépressive. Même mon père, qui évite les amalgames faciles, l'a constaté. Je m'en suis quand même sortie toute seule. Pas parce que je suis plus forte que les autres. Mais sans doute, précisément, parce que je suis prête à admettre ma faiblesse. C'est elle qui m'a construite. Ce sont mes doutes qui m'ont fait grandir. Peut-être qu'il y a des gens qui ont besoin d'aide pour en arriver aux mêmes conclusions que moi, mais je n'y crois pas. Ce dont on a besoin, c'est d'enfin lever les yeux. Accepter le regard des autres, ceux qui comptent, accepter qu'ils ne disent pas que des conneries, et que quand ils nous disent "là, c'est trop", c'est pas forcément super méchant et destiné à se débarrasser de nous. C'est apprendre, aussi, une bonne fois pour toutes, à s'assumer, sans sombrer dans les lamentations "j'ai tout foiré, je suis nuuuulle". Nan, t'as foiré, et bah tu recommences, tu t'excuses, que sais-je. Je trouve que les psy ne sont là que pour dire des évidences. Autre exemple : si t'es en deuil, c'est normal d'avoir mal. Qu'est-ce qu'un psy pourra y changer? Il va t'aider à admettre que six mois, c'est la durée normale pour s'en remettre? Nan, parce que y'a pas de durée normale. Au risque d'achever ce billet par une banalité époustouflante, la souffrance fait partie de la vie. C'est ça, qu'il faudrait finir par admettre, au lieu de tenter de l'éradiquer à tout prix.

lundi 16 novembre 2009

Des phrases qui s'éparpillent

Depuis un moment, j'ai très envie d'écrire ici, mais je lis des blogs beaucoup plus intéressants que le mien, et ça freine quelque peu ma créativité. L'émulation, ça ne fonctionne pour moi que quand je ne connais pas la personne qui écrit, et que je n'ai aucune chance de la connaître, de cette façon, je ne peux pas vraiment me sentir en infériorité intellectuelle.
Je pense à Alex, dont la plume glisse sur la page avec une agilité surnaturelle. Cette fille peut écrire autant d'âneries que ça lui chante, puisqu'elle le fait avec la dextérité littéraire requise. Et quand il s'agit de pousser l'analyse un peu plus loin, ses raisonnements trahissent une intuition et une sensibilité qui manquent à la plupart des bloggueurs - je pense à ces personnes dont les critiques et commentaires relèvent plus du beau langage de l'intellectuel qu'à une émotivité mise au service d'une critique constructive.
Cette remarque amène deux commentaires : depuis que j'ai quitté la fac, j'ai perdu l'habitude de l'analyse. Je fais preuve d'une certaine paresse intellectuelle. Je peux toujours produire des analyses lucides et intéressantes, je pense, mais parce que je ne lis plus autant dans le but de construire une réflexion, je manque à la fois de points de départ et de théories pour étayer mes thèses, en fait, je n'ai plus de thèses à développer. En plus, je me cache derrière un dégoût, certes réel, pour les gens et la société qu'ils construisent, pour ne pas chercher à les comprendre, je m'enferme donc moi-même dans un refus qui n'a pas beaucoup de consistance.
Deuxième remarque : j'ai cette propension à la fascination pour les gens plus intelligents que moi, mais chez moi cela n'amène pas le goût du jeu, je n'essaie jamais de prouver que je peux tenir le niveau, parce que je ne le crois pas. La modestie, c'est bien, mais si moi j'apprends des gens que j'admire, on ne peut pas en dire autant d'eux. Comme je ne comprends pas la place qu'on m'a accordée, au lieu de justifier cette place, je demeure en retrait dans l'espoir qu'on ne me repousse pas.
C'est dingue, mais j'ai eu souvent l'occasion de rencontrer et fréquenter des gens manifestement plus intelligents que moi. Je ne dis pas ça pour que tout le monde se mette à m'écrire des commentaires élogieux. Je sais que j'ai la chance d'avoir un cerveau pas trop mal fait, et une relativement bonne culture générale.


Et là, je reprends ce billet un verre à la main, et mes idées s'égarent. Partez maintenant, je vous préviens. Ce qui se voulait une réflexion posée va finir en digressions sans fin.

Une chose que l'honnêteté me pousse à avouer - honnêteté, on se demande ce qui me prend de vouloir être honnête, comme si ça importait à quelqu'un ; quant à moi, je le sais déjà - c'est que l'effet "il est plus intelligent que moi" n'a en réalité pas cours avec les mecs. Je ne suis pas lesbienne, je l'ai compris il y a déjà un sacré bout de temps. Mais.
Une fille intelligente, me renvoie forcément à moi-même. Une fille intelligente est une fille que je voudrais être. Une fille intelligente enfin, c'est celle dont je voudrais être l'amie. Parenthèse : pour mes amies qui me lisent. Vous êtes intelligentes. J'ai fini par cesser de vous envier pour plusieurs raisons, la principale étant probablement que nous sommes devenues suffisamment proches pour que je cesse de me sentir inférieure.
Putain, vous n'imaginez pas ce que la confession est difficile. Même avec deux verres dans le pif.
J'ai tendance à tomber amoureuse des filles. Mais pas par amour. C'est logique, hein?
C'est une espèce de... c'est un reliquat de Julia, voyez-vous. Il faut que je l'admire, la fille, mais il faut aussi que je sente une connivence toute proche. Et ça me ramène des années en arrière. Quand j'ai rencontré Julia, j'ai été une crème de gentillesse, d'humour, de... Une fille géniale. On est devenues complices au bout de deux heures. J'ai jamais été accro comme ça à quelqu'un. Je dis accro, dans ce sens quasi maladif, avec toi Rég', avec toi Muriel (même si c'est encore autre chose), c'est différent dans le sens où c'est... sain. Y'a des gens avec qui la relation s'équilibre d'elle-même, et vous en faites partie. Ce qui la rend beaucoup plus durable et, au final, intéressante.
Mais, encore. Julia avait des tonnes de défauts dont je me rappelle encore. Ma mémoire n'est pas biaisée à ce point. Cependant, elle était : plus jolie, plus sociable, plus intelligente, plus... charismatique. Et l'avoir, elle, être sa meilleure amie, c'était ma plus grande fierté. Sans déconner. Et je voulais que tout le monde sache que c'était nous deux. C'est ça qui avait du prix. C'étaient leurs regards que je devinais, c'était jamais l'une sans l'autre, ça me donnait de l'importance...
Je ne m'en suis jamais remise, au fond. Aujourd'hui c'est sûr, c'est plus elle que je voudrais. C'est trop tard, c'est trop loin, c'est fini.
Et comme je ne suis pas une sangsue anencéphale, j'évite de donner aux gens -aux filles pardon- que je rencontre cette impression désagréable que je suis une paumée en mal d'affection. Parce que c'est pas ça, bordel. Ce qui me manque, c'est... l'autre. La complétude. Et Annaïg fait ce qu'elle veut, mais moi, c'est pas dans mon couple que je la trouve. Et c'est tant mieux d'ailleurs, parce que j'ai jamais eu l'intention de vivre repliée sur mon merveilleux couple. Je veux la passion, ça veut dire je veux des passions. Je veux pas des relations grises qui s'effritent avec le temps. Quel intérêt d'avoir des amis comme des jalons au bord d'une route? Je veux des choses qui durent. Des choses vraies, et fortes, comme ces livres qu'on n'oublie jamais tant ils nous ont marqués. Parce que c'est quand même fou, ces gens qui disent "c'est la vie" et qui à côté reviendront toujours au même livre, qui n'est même pas censé être vrai.
Ça ne me dérangerait pas d'avoir une relation comme ça avec un mec, c'est simplement que, pour des raisons évidentes, précisément parce que je suis pas lesbienne, c'est plus facile avec une fille. J'ai aucune intention de quitter Mathias. Lui et moi, ça roule très bien, avec juste ce qu'il faut de malentendus et de conflits pour que ça s'équilibre loin de l'idée Amélie Poulain. Or, fatalement, se rapprocher d'un mec peut sembler ambigu. C'est con ou pas, j'en sais rien, je sais juste qu'en plus, j'ai jamais eu d'ami sans -e avant un âge relativement avancé. Je suis peut-être une gourde. J'en sais rien. Mais je crois que c'est toujours Julia.

Bon. Faudrait conclure, non? J'essaie, j'essaie. Le truc, pour revenir au sujet de base, c'est qu'il faudrait donc que vous lanciez tous seuls de grands débats existentiels. Comme ça, je pourrais remettre en route mon cerveau rouillé.